Bordeaux : Lieux de justice I

Retour page d'accueil

 

Le Palais de l'Ombrière.

 

Derrière la Porte Cailhau, le Palais de l'Ombrière au XVIème siècle par Léo Drouyn (Archives Municipales de Bordeaux)

Le Palais de l'Ombrière.

 

Le Palais de l'Ombrière au XVIIIème siècleLe Palais de l'Ombrière au XVIIIème siècle

Le Palais de l'Ombrière, ainsi appelé à cause de l'ombrage des grands arbres, qui, dans les temps reculés, en formaient l'avenue, était au Moyen Age la résidence habituelle des Ducs d'Aquitaine.

Louis VII, Aliénor d'Aquitaine, des rois d'Angleterre et de grands personnages y séjournèrent. Le Palais est un édifice administratif depuis le milieu du Moyen Age, où il abritait la Cour et les bureaux du Sénéchal de Gascogne et de la Connétablie, c'est-à-dire de l'administration judiciaire et financière de la province à l'époque anglaise.

Après le rattachement à la Couronne de France, le Parlement de Bordeaux (ainsi que l'Amirauté de Guyenne) y tint ses audiences.

 

Le Parlement, qui ne comptait à son origine qu'un Président et sept conseillers, se composait à la veille de la révolution de cent dix-sept officiers titulaires : un premier président, neuf

Présidents à Mortier (du nom du bonnet fourré que portaient ces magistrats), deux chevaliers d'honneur, quatre Présidents aux enquêtes, deux Présidents aux requêtes, quatre-vingt-quatorze conseillers, un Procureur général, deux avocats généraux, deux greffiers en chef).

Le ressort qui incluait l'ancien Duché de Guyenne, la Gascogne, les Landes, l'Agenais, le Condomois, le Pays de Labour, le Limousin, le Périgord, le Bazadais et la Saintonge, se divisait en trente sénéchaussées (qui pourraient correspondre à nos actuels Tribunaux de Grande Instance).Son étendue couvrirait tout le ressort de la Cour de Bordeaux d'aujourd'hui, ainsi que celui des Cours d'Agen, de Toulouse, de Pau et de Poitiers pour partie.

De 1557 à 1570, Michel de Montaigne, qui avait succédé à son père (à 24 ans) dans l'office de Conseiller à la Cour des Aides de Périgueux, y siégea lorsque cette juridiction fut rattachée au Parlement de Bordeaux. Il y fut, selon Loysel, l'une des "lumières du ressort ".

 

Le plan du Palais met particulièrement en valeur la grande salle avec un dédale de cours. C’est un très vaste ensemble, sans régularité, accroché d'une part à la tour d'angle sud-est du " castrum " et, de l'autre, à un donjon où les communications intérieures ne se faisaient que malaisément.

Si l’on en croit les visiteurs l’impression était "peu flatteuse " : " Nous vîmes le Palais des plaideurs qui consiste en une salle assez médiocre qui a une rangée de piliers par le milieu qui fait deux allées de différente largeur, le tout sale et malpropre, de même que les chambres qui sont petites, obscures et sales, presque autant qu'à Poitiers ". (Claude Perrault).

Plan du Palais de l'Ombrière - d'après un manscit du XVIIIème siècle

 

Vue de la place de l'Ombrière depuis le palaisVue de la place de l'Ombrière depuis le palais, siège du Parlement en 1550, dessin de Molas (Bibliothèque municipale)

Le donjon rectangulaire, implanté à 40 mètres en avant du rempart était une grosse tour rectangulaire de 18 mètres sur 14 sans escalier intérieur. On l'appelait " arbalesteyre " parce qu'il y était adossé une caserne où logeaient les arbalétriers royaux. La tour d'angle était bâtie sur la muraille. Devant le Palais s’étendait la place en triangle dite "du Palais ".

            L’Ombrière restera jusqu'à la Révolution le siège des tribunaux et la prison principale de Bordeaux.

 

1810-1846 - le "Palais des Tribunaux Civils"

Le Palais de l'Ombrière étant promis à la démolition dans la perspective de l'ouverture de l'actuelle rue du Palais-de-l'Ombrière, depuis 1791, la Cour Royale composée de quatre chambres en 1837, ayant ressort sur la Gironde, la Charente et la Dordogne, et le Tribunal de Première Instance ont été installés dans les bâtiments de l'ancien Collège de Guyenne, en arrière du " Grand Marché " (à l'emplacement de l'actuel Palais des Sports et ancien marché Victor Hugo ). Faute de place, notamment pour les tribunaux criminels, la Cour d'Assises siégeait près des prisons du Fort du Hâ à l'emplacement de l'actuelle Ecole Nationale de la Magistrature.

La Cour d'Assises siégeait près des prisons du Fort du Hâ jusqu'en 1846Les prisons du Fort du Hâ en 1787 lors de l'incendie de la Cathêdrale de Bordeaux - Dessin de Dubourdieu (Archives Municipales de Bordeaux)

 

Le "Palais des Tribunaux civils" (1810-1846) Entrèe principale Le Palais des Tribunaux civils (Willy, dans l'Album du Voyageur, p. 49. Gravure in-4°. Archives municipales de Bordeaux, Rec. 207.)

            En 1810, l’architecte Bonfin fut chargé de donner une entrée digne de ce nom au "Palais des Tribunaux Civils" où siégeaient à la fois la Cour Royale et le Tribunal. Il avait deux entrées : l'une, rue des Ayres, et l'autre (l'entrée principale), rue de Gourgues. Cette dernière était dotée de quatre colonnes doriques encadrant une vaste porte à arcade, l'ensemble étant surmonté d'un entablement très simple et d'une sorte de couronnement. Ce fut jusqu’à 1846, le Palais de Justice (provisoire) de Bordeaux.B.F.

 

Suite : Bordeaux : Lieux de Justice II

 

 

 

Copyright ©2001 IDHBB and L.P.O. Editions. Reproduction interdite. All rights reserved.

 

 

 

Cliquer ici pour fermer cette fenêtre
-->