August 2003

LIBAN
Nouvelle persécution contre
Maître Muhamad Mugraby
éminent défenseur des droits de l’Homme
arrêté à Beyrouth
le 8 août 2003

"
Il a résolument refusé rester silencieux au sujet du rôle répressif de Syrie au
Liban et au sujet de corruption dans la
magistrature. Cet homme courageux doit être libéré immédiatement ".
declare Human Right Watch
Le 7 août 2003, deux agents de police sont entrés dans le cabinet de Maître Muhamad Mugraby, âgé de 64 ans, à Beyrouth, et lui ont demandé de les suivre jusqu’au bureau du procureur. Quand il est arrivé au bureau du procureur au matin du 8 août, il a été interrogé pendant près de quatre heures sur les charges " d’usurpation de la qualité d’avocat," d'après l’information reçue par Human Right Watch. Selon la loi qui régit la profession d’avocat au Liban, l’usurpation de la qualité d'avocat est une infraction criminelle qui est punie de six mois à trois années dans prison, ont dit les avocats libanais à Human Right Watch
Maître
Mugraby a été autorisé de remettre sa
ceinture, son téléphone mobile, son alliance
et autres objets personnels à sa femme
Dalal avant d'être mis en détention. Comme de cette écriture, il est supposé détenu
dans une prison à l'intérieur de non plus le Ministère de Justice ou le Palais
de Justice, deux bâtiments qui sont adjacent à l'un l'autre.
« Les
autorités libanaises ont harcelé Maître Mugraby depuis de nombreuses années,
mais son arrestation aujourd'hui est simplement un scandale " a dit Virginia
Sherry directeur associé de la division
Afrique du nord et Moyen Orient de Human Right Watch. " Il a résolument refusé
rester silencieux au sujet du rôle répressif de Syrie au Liban et au sujet de corruption dans la
magistrature. Cet homme courageux doit être libéré immédiatement ".
Le
Barreau de Beyrouth a essayé d’empêcher
Maître Mugraby d’exercer sa profession d’avocat au Liban à maintes reprises. Le
4 avril 2002, un des comités de discipline du Barreau a décidé qu'il devrait
être exclu de la pratique professionnelle. Maître Mugraby a relevé appel cette décision, mais aucune mesure a été
prise sur l'appel et il n'a jamais été entendu. Le 17 janvier 2003, après
qu'une seconde fois le comité disciplinaire ait pris une décision de le radier du tableau des avocats, Maître
Mugraby a encore une fois interjeté un appel le 14 mars 2003, lequel n'a jamais
été évoqué ni jugé. L’appel étant suspensif, les décisions des comités
disciplinaires du barreau ne sont pas
définitives jusqu'à ce que la procédure d’appel soit achevée, a expliqué Kamal
el-Batal, un responsable de la Campagne
pour l’Intégrité dans la Magistrature, une organisation du non-gouvernementale libanaise.
A
la suite des décisions des deux comités disciplinaires, Maître Mugraby a
continué à pratiquer comme un avocat, tant que ses appels n'ont pas été jugés. D'après l’information que Human
Rights Watch a reçue, il a payé sa cotisation annuelle au barreau qui l’a acceptée et l’enregistrement de sa
licence d’avocat auprès du barreau a aussi été accepté.
Human
Rights Watch avait honoré Maître
Muhamed Mugraby d’une récompense comme un défenseur des droits de l’Homme en
1997.
Maître
Mugraby est titulaire des diplômes de la Faculté de Droit de l'Université du
Liban et de la faculté de droit de la Columbia University de
New York. Il a suivi les cours de Droit
International à Columbia de 1963-1965 et
a obtenu deux maîtrises et un doctorat.
Il est membre de l’International Bar
Association et de l’Union Internationale
d'Avocats.
(Source ; Human Rights Watch (New York, August 9,
2003)
Contexte : Depuis 2000, Maître Muhammad Mugraby, avocat du barreau de Beyrouth, éminent défenseur des droits de l’Homme, reconnu pour son engagement contre la corruption dans le milieu judiciaire libanais, fait l’objet de poursuites par le Procureur de Beyrouth pour "diffamation portée contre le pouvoir judiciaire" et est menacé emprisonnement.
L’Ordre
des avocats a été saisi par le Procureur afin que celui-ci donne autorisation
de poursuivre Maître Mugraby, conformément à la procédure prévue par article
79 du Code des professions juridiques ( Legal Profession Code).
Selon
les informations reçues, cette poursuite serait intervenue à la suite d’une conférence donnée par Maître Mugraby le 19
avril 2000 sur les causes de la corruption au sein du système judiciaire
libanais. Au cours de cette conférence, Maître Mugraby avait cité
nominativement un certain nombre de juges en mettant en cause leur intégrité.
Maître
Mugraby était déjà objet de plusieurs
poursuites et ce en raison de ses activités de défenseurs des droits humains. Deux actions visant ý le
priver de son immunité en tant qu’avocat sont toujours en cours examen devant
la Cour appel de Beyrouth, une troisième affaire ayant été abandonnée. Il est notamment poursuivi pour
diffamation, après que les autorités libanaises aient intercepté un fax destiné à Amnesty International
dans lequel il dénonçait des faits de persécution et de torture perpétrés à l’encontre
de plusieurs personnes.
Les différentes
procédures contre Maître Mugraby visent à l'empêcher de poursuivre son
activité avocat et de défenseur
des droits de homme. Ces faits constituent une violation reconnus par la DÉclaration
universelle des droits de homme, les dispositions du Pacte international
relatif aux
droits civils et
politiques ratifié par le Liban, et de la Déclaration sur les défenseurs des
droits de homme adoptée par l'Assemblée générale des Nations unies.
