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Jacques Duranthon 1736-1793
Avocat à Bordeaux de 1764 à 1790, il fut le premier avocat de Bordeaux nommé ministre de la justice. Comme Gensonné, son pré nom n'a guère eu la faveur des historiens qui continuent à l'appeler Antoine alors qu'il se prénomait Jacques.
Formé dans le moule jésuite avant de devenir avocat, dès 1764, à Bordeaux où il aurait vécu assez pauvrement. Il a été le précepteur de Romain de Sèze et de ses frères et le secrétaire du président Dupaty pour gagner sa vie.
Initié aux idées libérales et à la cause des philosophes par Dupaty, il fut membre de la société des amis de la Constitution et élu dans la première municipalité de Bordeaux en tant que substitut du procureur (alors Raimond Barennes), puis de procureur syndic au district de Bordeaux.
C'est en cette qualité qu'il devint, le 13 avril 1792, grâce à la protection de Vergniaud et de Gensonné (les députés n'avaient pas le droit de devenir ministre dans la Constitution de 1791), ministre de la justice, du 14 avril 1792 au 4 juillet 1792, dans le "ministère girondin", avec Roland à l'Intérieur et Clavière aux Finances. Il mena alors la répression contre Marat, faisant saisir les presses de son journal. Madame Roland dans ses Mémoires, décrit Duranthon, "qu'on avait fait venir de Bordeaux pour la justice..." comme "honnête", "paresseux" et de "caractère peureux". (Mémoires, Mercure de France, page 67) (ce que confirme pleinement une lettre de Garat). Après l'éviction de Roland et de Clavière, il restera en place, le roi Louis XVI, ayant exprimé le souhait de conserver Dumouriez et le "bonhomme Duranthon". C'est lui qui assurera l'intérim du ministère des Finances du 13 au 18 juin 1792.
À ce propos, Madame Roland écrira de lui : "Je n'ai jamais bien compris ce qui avait pu faire estimer Duranthon capable d'entrer au ministère, si ce n'est l'idée du peu de facultés nécessaires pour remplir celui de la justice. Lourd, paresseux, vain et parleur, timide et borné, ce n'était véritablement qu'une vieille femme. La réputation d'intégrité, ses moeurs réservées d'un avocat décent, quelques témoignages d'attachement pour la révolution et le ton d'un homme honnête, avec l'âge de l'expérience, lui servirent probablement de recommandation ; il n'a même pas eu le talent de se retirer à propos, le seul qui eût pu lui acquérir quelque gloire"(Mémoires, Mercure de France, page 163).
À son retour en Gironde, il devient membre du conseil général du département. Il sera guillotiné à Bordeaux, avec les autres Girondins, le 29 frimaire an II, 20 décembre 1793.
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