11 novembre 1918 – 11 novembre 2018

 

Hommage aux 34 avocats du barreau de Bordeaux

Morts pour la France

 

(Le barreau de Bordeaux dans la Grande Guerre – Extraits)

 

 

1914 - Le Bâtonnier O'Zoux aux Armées

 

o'zouxWelcome O'Zoux (1865-1925), né à Saint-Denis (Ile Bourbon) le 16 septembre 1865. Inscrit au Barreau de Bordeaux en 1893, il fut élu Bâtonnier en 1914

Mobilisé peu de temps après son élection, le Bâtonnier O'Zoux n'exerça ses fonctions de Bâtonnier qu'après l'Armistice de 1918.

Comme les discours de rentrée de la Conférence du Stage, les élections du Bâtonnier furent suspendues pendant la guerre 14-18 et le Bâtonnier O'Zoux allait conserver son titre pen­dant plus de quatre ans, avec l'adjonction de la mention « Aux Armées »

Officier de Réserve, il fut cité à l'ordre de l'Armée et fut Chevalier de la Légion d'Honneur, à titre militaire en février 1916.

 

Le Bâtonnier O'Zoux aux Armées

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 










André Lespes est le premier mort du Barreau.

 

lespes

 Né à Bordeaux en 1887, il était en 1912, secrétaire de la Conférence du stage et prononçait en 1913, le discours de rentrée sur le thème : L'Orateur judiciaire dans la Grèce Antique. Il fut tué à l’ennemi le 20 août 1914

 

 

 

 

Discours de la conférence du stage d'Andé Lespes (1913).

 

 

 

 






lespes

Guy Duccourech de Raquine, né à Lugon le 21 juin 1880, tué à l'ennemi le 2 septembre 1914 est le deuxième mort du Barreau lors de la Grande Guerre. Secrétaire de la Conférence du Stage, il avait prononcé le 4 janvier 1907, un discours sur le Barreau sous l'Empire et la Restauration. Parti le 2 août 1914, comme Lieutenant, au 220e Régiment d’Infanterie, il reçut le 24 août 1914 la citation suivante :

« A maintenu avec une énergie remarquable sa section sous un feu extrêmement violent : blessé mortellement à la tête, a dit à son Capitaine : Quelle belle mort ! Vive la France ! »

Mort à Verdun le 2 septembre 1914, décoré de la Croix de Guerre. Chevalier de la Légion d'Honneur à titre posthume, le 1er octobre 1918.

 

 







lespes

Le Capitaine Henry Raffin.

 

Lieutenant au 344ème Régiment d'Infanterie, devenu Capitaine Henry Raffin, né le 13 mars 1887, à Lesparre, inscrit au Tableau en 1912, reçut dès 1914 une première citation à l'ordre de l'Armée, ainsi rédigée :

 « Le 30 et 31 décembre 1914, a fait preuve d'une très grande bravoure à l'attaque d'une tranchée allemande située à Elirey, faisant lui-même le coup de feu avec ses hommes les électrisant par son exemple.

A repoussé brillamment les contre-attaques d'un ennemi très supérieur en nombre. »

La conduite héroïque du lieutenant devenu Capitaine Raffin justifia une délibération spéciale du Conseil de l'Ordre qui lui fut transmise.

Il répondait du Front, au crayon, en ces termes : « Je suis fier si ma conduite a pu contribuer à glorifier votre Ordre, que la mort héroïque de nos confrères tombés à l'ennemi avait déjà comblé d'honneur. Remerciez en mon nom l'Ordre auquel je demeure toujours profondément attaché. »

Le 25 août 1916, le Capitaine Ratfin était tué devant Verdun et recevait une deuxième citation à l'ordre de l'Armée :

"Le capitaine Adjudant-Major Raffin (Henry) du 344e Régiment d'infanterie, commandant le 6ème Bataillon par intérim, constamment au front depuis le début de la campagne, a occupé le 25 août 1916, avec son bataillon une position conquise la veille. On a commencé l'organisation. Tué à son poste de combat."

 

 

Reprise des Conférences du Stage, discours de M. le Bâtonnier O'Zoux.

 

La rentrée de la Conférence du Stage avait été interrompue de 1914 à 1919.

Dans l'ambiance » bleu horizon » de la réouverture des conférences, la séance solennelle d'ouverture eut lieu le 27 février 1919 au Palais de Justice dans la salle de la bibliothèque de l'Ordre sous la présidence de M. le Bâtonnier O'Zoux, entouré des membres du Conseil.

 

Après avoir dressé les portraits de tous les morts de la guerre ; le Bâtonnier concluait son discours

« Au Palais de Bordeaux surtout, sans désespoir et sans révolte, nous penserons toujours à nos morts et à leurs enseignements ; ils nous ont rappelé comment les avocats savent mourir pour la France. lis nous rappelleraient à l'occasion que si l'honneur l'exige, la guerre fût-elle encore plus cruelle, devrait être de nouveau menée bravement et jusqu'au bout.

J'en atteste ceux qui ne sont plus : il y aurait encore des avocats pour aider à la gagner ! »

 

34 sur 110

 

Au cours de la guerre de 1914-1918, trente-quatre avocats du Barreau de Bordeaux sont morts pour la France.

Lespes , Duccourech de Raquine, Nouet, Giroulle, Lucien, Raymond, Arrighi, Faugas, Dorlanne, Cledard, Cottreau, Rey, Raffin, Salinier, Cazalet, Durand, Luzzy, Jeandeau, Levavasseur, de Saint-Angel, Genisset, Le Metayer, Goizet, Sajous, Chavoix, Brissonneau, Touton, Allard, Champignac, Peyloubet, Boyreau, Rioms, Eyber, Ballan, Meyran.

 

Le barreau de Bordeaux comptait 110 membres en 1914.

 

©IDHBB